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APROGET – compte-rendu de l’Université d’été

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Première Université d’été de l’Association des Professeurs de Géographie du Tourisme (APROGET) à Angers (1-2-3 juillet 2019)

 

À Angers, tourisme rime souvent avec géographie. Cela s’est encore vérifié ces derniers jours, comme l’Association des professeurs d’histoire géographie (APHG) Aquitaine a pu le remarquer en participant à la première Université d’été de l’APROGET dans l’un des hauts lieux en France concernant l’étude du fait touristique[1].

Les enseignants-chercheurs de l’UFR ESTHUA Tourisme et Culture[2] de l’Université d’Angers et du laboratoire ESO[3] ont l’habitude d’organiser à Angers des évènements internationaux majeurs tels que le Festival international du tourisme (FIT)[4], au sein duquel se déroulent les « Tourism BTS Days[5] ». Les organisateurs sont des enseignants-chercheurs[6] reconnus, qui divulguent les résultats de leurs recherches en direction d’étudiants[7] et d’enseignants[8] de la France entière : ils contribuent en effet à renforcer les liens, qui existent depuis un certain temps maintenant, entre l’enseignement secondaire et supérieur.

L’APROGET ne s’y est pas trompée, notamment lorsque celle-ci a dû choisir un lieu pour la tenue de sa première Université d’été. Cette association, regroupant des professeurs concernés par l’enseignement géographique du tourisme, a jugé opportun de s’associer à l’ESTHUA, révélant de fait l’étroite relation qui existe entre le monde de la recherche et celui du second degré. Créée à l’origine pour garantir à ses membres une certaine indépendance vis-à-vis de la filière « économie-gestion[9] », ainsi que pour favoriser les échanges entre les enseignants traitant du fait touristique (essentiellement les BTS tourisme), l’association s’ouvre désormais à tous les professionnels et professeurs (de collège, de lycée, de lycée professionnel, d’université…) intervenants de près ou de loin dans la formation aux métiers du tourisme, ou abordant « simplement » le tourisme selon un angle géographique[10]. Et ce, en ayant comme objectif affiché de « faire de la géographie du tourisme une discipline reconnue » qui permettrait « de donner des clés de de compréhension du monde ». Ce type d’évènement scientifique, qu’il soit davantage centré sur la géographie ou l’histoire, et mêlant acteurs universitaires, et enseignants du secondaire et/ou du supérieur, se multiplie en France[11]. C’est évidemment une bonne chose, à laquelle l’APHG (National ou par le biais de ses régionales) tente de s’associer le plus souvent possible…

 

C’est à Angers, dans un lieu chargé d’histoire (où est implanté le château édifié par Blanche de Castille, dans lequel trône plusieurs morceaux restaurés de la Tapisserie de l’Apocalypse commandé par le duc Louis Ier d’Anjou entre 1373 et 1377, avec sa cathédrale de style gothique datant du XIIe-XIIIe siècle et ses maisons à colombages héritées du Moyen-Âge, etc.) et de géographie (la ville se situe aux confluences du Loir, de la Mayenne et de la Sarthe, ces deux dernières rivières formant la Maine), et largement plébiscité par les touristes, que l’APROGET a souhaité réunir ses troupes. S’appuyant sur des membres venus des différentes régions de France (des Académies lilloise, montpelliéraine, nantaise ou encore toulousaine), et qui interviennent quotidiennement dans des filières technologiques et professionnelles du secondaire ou du supérieur (BTS tourisme, Licence professionnelle tourisme), l’association a souhaité que ceux-ci se rencontrent. En effet le seul contact que la plupart des adhérents n’avaient jamais eu, fut l’échange de mails. Pourtant, ce rendez-vous n’avait pas pour unique objectif de permettre aux membres de l’APROGET de faire (physiquement) connaissance. Il était surtout l’occasion de faire éclore des idées et des pistes de réflexion pour les professeurs présents, et de leur proposer un accompagnement supplémentaire dans l’exercice de leur métier. Notamment lorsqu’il s’agit pour eux, d’aborder une nouvelle ère de réforme nationale décidée par les Inspections générales (concernant les programmes des BTS Tourisme), et dont le nouveau référentiel a été publié en mars dernier.

 

Pour que les conditions de travail soient les meilleures possibles, l’APROGET avait opté durant cette université d’été, pour une formule simple mais efficace : alterner entre conférences et ateliers.

Dans les conférences scientifiques de type magistral (mais rythmées par des échanges permanents entre tous les participants), sont intervenus :

-          Olivier Lazzarotti (traitant de la notion ô combien importante en géographie du tourisme, de l’habiter touristique),

-          Véronique Mondou (qui a évoqué les croisières maritimes dans le monde, puis en Chine),

-          Philippe Violier (qui a rendu compte de ses derniers travaux mêlant lieux touristiques et mondialisation),

-          Philippe Duhamel (détaillant le phénomène très médiatisé du surtourisme).

Les ateliers pédagogiques proposés chaque jour étaient :

-          Jour 1 « Les imaginaires touristiques » par G. Hergott et S. Sangarné ;

-          Jour 2 « Élaborer un sujet ou une étude de cas en Tourisme et Territoires » par A. Rothier, S. Sangarné et F. Saulnier ; « La pédagogie différenciée face aux enjeux croissants de l’hétérogénéité – Étude de cas sur Deauville » par A. Rothier et F. Saulnier ;

-          Jour 3 « Le surtourisme : études de cas possibles sur une notion relative et polémique » par R. Vieuguet.

Ces ateliers, dont les thématiques abordées faisaient largement écho aux mises au point scientifiques des conférences, furent l’occasion pour les collègues enseignants de réfléchir, de produire et de discuter ensemble, de certains points du programme de BTS, en travaillant directement sur des séquences et des séances proposées par certains membres de l’APROGET. Ces travaux, possiblement transposables dans le futur, furent menés par petits groupes, et presqu’entièrement basés sur l’utilisation d’outils numériques (tableaux numériques, grands écrans, connexions sans fil entre ordinateur portable et poste de télé…). Ils ont constitué des moments d’échanges pédagogiques et didactiques, ayant permis de (re) mobiliser certaines notions, certains concepts et connaissances divulgués à travers les conférences décrites plus haut. Tout cela dans le but de consolider, de diversifier et d’affiner des pratiques pédagogiques certainement différentes selon les académies, et les collègues qui les manient, mais qui répondent au même objectif. À savoir, préparer les élèves et les étudiants à leur prochain métier et à leur future insertion dans la vie active, ce qui passe d’abord par la réussite aux examens du BTS.

 

Le tourisme, en passe de devenir la première activité économique mondiale, et qui concerne de plus en plus d’espaces, à différentes échelles (l’Europe, les Amériques, l’Asie, bientôt l’Afrique toute entière), mobilisant toujours plus de monde (qu’ils s’agissent des touristes ou des professionnels les encadrant), nécessite que les acteurs qui y prennent part (les encadrants, les dirigeants…) soient de plus en plus, et de mieux en mieux formés. Si l’adage « on ne naît pas touriste, on le devient […] » attribué initialement à l’Équipe MIT (2002), et censé caractériser le long apprentissage de la pratique touristique par les touristes reste vrai, il peut être détourné pour caractériser l’apprentissage de leur métier par les professionnels du tourisme. Car même s’il apparaît que les touristes acquièrent de plus en plus tôt des compétences touristiques diverses lorsqu’ils arrivent sur un destination (ce que semblent d’ailleurs, selon Philippe Duhamel, oublier les pouvoirs publics), et même si l’actualité la plus récente essaie de nous faire croire que le tourisme pourrait être (seulement) une affaire de non-professionnels (Airbnb considère par exemple ses hôtes comme de véritables hôteliers, sans le titre), il demeure que la formation dans le domaine du tourisme, reste un enjeu essentiel pour notre jeunesse, pour nos enseignants qui en ont la responsabilité, et pour nos territoires. La France, qui vise à accueillir 100 millions de touristes à l’horizon 2020[12], considérant désormais le tourisme comme une manne financière importante, comme un réel levier de développement territorial, et un facteur de lien social entre des populations résidentes ou temporaires, ne peut faire l’économie d’une politique éducative et professionnelle efficace, afin de former ceux qui seront plus tard capables d’orienter, de gérer et de s’occuper desdits touristes, ici ou ailleurs. La tenue de ces trois journées organisées par l’APROGET à Angers, fut aussi là pour le rappeler. Ces moments ont également été l’occasion de (re)signifier la place et l’importance de la géographie dans l’enseignement du tourisme à l’École.

 

 

Pour l’APHG Aquitaine,

Victor Piganiol

10 juillet 2019

 


[1] L’APHG et APROGET sont toutes deux des associations publiques liées à l’enseignement de l’Histoire-Géographie, qui entretiennent une relation étroite et bienveillante entre elles. http://www.aproget.org ; http://www.aphg.fr

[2]  Dirigée actuellement par Philippe Violier

[3] ESO – Espaces et Sociétés (UMR CNRS 6590)

[4]  Festival International du Tourisme dont le pays invité en 2019 était la Chine, et qui sera le Mexique pour l’édition 2020 http://fit.univ-angers.fr

[5] Il s’agit de moments de rencontres, d’échanges et de réflexions entre des classes de BTS Tourisme venues de toute la France, des étudiants et des enseignants de l’ESTHUA et desdites classes de BTS

[6]  Dont les publications rencontrent systématiquement un écho favorable dans le milieu académique (universitaire, second degré) et souvent auprès du grand public…

[7] Géographes ou non, Angevins ou non

[8] Préparant notamment à l’une des questions constitutives du CAPES ou de l’Agrégation (« Les espaces du tourisme et des loisirs ») depuis 2017

[9] Qui pilote les BTS Tourisme, de la publication des référentiels à la gestion des enseignants qui y interviennent par le biais de son inspection académique

[10] Comme c’est le cas de tous les professeurs de collège, de lycée général et professionnel, qui abordent les espaces du tourisme dans le cadre des programmes officiels émis par l’Éducation Nationale

[11] L’APHG Aquitaine organise chaque année deux évènements similaires, nommés « Journées d’études ». La dernière en date (janvier 2019) portait sur « Les espaces ruraux en France »

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